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Lycée & Collège Lavoisier, Auchel
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Ce patrimoine minier que vous ne verrez pas

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Journées européennes du patrimoine

Mi-août, le maire de Lens Guy Delcourt soulevait l’indignation en ordonnant la destruction d’une école implantée au cœur d’une cité minière. Le patrimoine du Bruaysis n’est pas épargné par ce type d’agressions. Terrils exploités, corons rasés, chevalements terrassés, la liste noire s’allonge au fil des décennies. Une menace pèse aussi sur la salle des coffres de la compagnie de feu la compagnie des mines de Marles-les-Mines.

PAR REYNALD CLOUET

bruay@info-artois.fr

  • Une salle des coffres extraordinaire Trois mètres de large pour douze de long, des murs en béton de soixante centimètres, une porte blindée tellement épaisse qu’elle en est difficile à déplacer, des grilles et barreaux d’époque, d’épaisses plaques métalliques en guise de volets, la salle des coffres de l’ancienne compagnie des mines de Marles-les-Mines se trouve toujours dans le sous-sol de la cité scolaire Lavoisier, à Auchel. Comme l’explique Michaël Sarasin, intendant de cette cité scolaire, « Cette salle contient encore une armoire blindée et trois énormes coffres forts. Deux d’entre eux sont fermés. Personne n’a les clés. On suppose qu’ils sont vides... » Les collégiens apprécient de s’y rendre pour tourner leurs films projetés dans le cadre du Festival de la vidéo scolaire d’Auchel.
  • Destruction en 2012 Petit-fils de mineur, l’intendant du collège-lycée Lavoisier espère bien que la mise en avant de cette salle des coffres à l’occasion des Journées du patrimoine lui offrira un sursis.

En 2012, débuteront les travaux de rénovation de la cité scolaire, dont le financement sera assuré par la Région. Grosso modo, la vingtaine de salles de classes, qui occupe le premier étage de ce que les Auchellois appellent encore Les Grands Bureaux, sera transférée au sous-sol. Il s’agit de se mettre en conformité avec les préconisations de la commission de sécurité. Une dérogation est accordée provisoirement pour l’accueil du public. La salle des coffres sera alors remplacée par une salle de cours. Petit détail, les coffres Fichet (43, rue Richelieu, Paris) sont trop imposants pour être évacués par la porte.

Ils seront découpés au chalumeau.

  • Une page d’histoire L’architecture de la cité scolaire Lavoisier, avec ses 6 cours intérieures, est exceptionnelle. Construit entre 1914 et 1920 (les travaux ont été retardés à cause de la Première Guerre mondiale, ndlr), ce grand bâtiment abritait les Grands Bureaux de la compagnie des mines de Marles-les-Mines, à proximité des puits n°3 et 5.

Y travaillaient le directeur, les ingénieurs, les services chargés des œuvres sociales de la sécurité ainsi que la comptabilité. C’est là que quarante années durant, les mineurs faisaient la queue pour toucher leur paie. L’argent transitait par un monte-charge, entre la salle des coffres, au sous-sol, et un couloir situé au rez-de-chaussée.

En 1961, lorsque les groupes d’Auchel et de Bruay ont fusionné, les services administratifs ont été transférés à Bruay. Impossible de les visiter aujourd’hui. Les Grands Bureaux de Bruay-La Buissière ont été rasés. Seul demeure le château Elby, résidence du directeur de la compagnie des mines de Bruay, aujourd’hui occupé par le service Hospitalisation à domicile de l’Agence hospitalière Nord Artois cliniques (AHNAC). Quant aux Grands Bureaux d’Auchel, ils ont été rachetés par la ville en 1962 et reconvertis en cité scolaire. Après avoir dépendu du lycée de Bruay, l’établissement auchellois est devenu autonome au cours de l’année scolaire 1963-1964.

  • Petits trésors Préservés jusque-là, les Grands Bureaux de la compagnie des mines de Marles recèlent encore quelques perles : l’ancien mess des ingénieurs (200 m2) sert de logement de fonction au proviseur tous les escaliers sont d’époque. Ont également subsisté les rails sur lesquelles circulaient les berlines pour approvisionner l’immense chaudière au charbon, ainsi que l’horloge monumentale au-dessus du perron. Son mécanisme est grippé. Dans le hall d’entrée, on découvre enfin deux grandes plaques commémoratives en marbre. La première comporte 249 noms de victimes tombées au champ d’honneur pendant la Première Guerre mondiale : « La compagnie des mines, à la mémoire de ses ouvriers et employés. 1914-1918. » L’autre des employés des Houillères tombés au champ d’honneur pendant la Seconde Guerre mondiale.

Source : La Voix du Nord



Lycée & Collège Lavoisier, Auchel (académie de Lille)
Responsable éditorial : M. Hervé CABOCHE