Acad?mie de Versailles
Lycée & Collège Lavoisier, Auchel
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Le témoignage d’un ancien résistant et déporté

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Le lycée Lavoisier d’Auchel a accueilli Marcel Houdart, ancien résistant et déporté, mardi après-midi dernier. A cette occasion, les classes de première S et de terminales L et ES étaient réunies avec leurs professeurs d’histoire-géographie, MM. Debard et Henry, afin d’entendre le témoignage captivant de cet homme.

« L’an dernier, nous avions déjà fait intervenir d’anciens déportés et des anciens de la guerre d’Algérie, explique M. Debard. La mémoire figure au programme d’histoire pour les terminales L et ES, et la Seconde Guerre mondiale, au programme des premières. » Cette intervention entre également dans le cadre de la participation des premières S au concours national de la résistance et de la déportation.

A l’âge de 86 ans, M. Houdart réussit dès son arrivée à capter l’attention de son auditoire. « Je suis né dans les corons de Noeux, où je vis toujours. Et j’en suis fier ! » Après l’obtention de son certificat d’études et deux années d’études supplémentaires, Marcel Houdart choisit d’être un chaudronnier-soudeur. Nous sommes en 1940, au moment de la guerre éclair : la France est envahie. Le maréchal Pétain demande l’armistice : « J’avais deux frères soldats. A la maison, on avait peur, alors on n’était pas contre ! Mais De Gaulle a refusé la défaite, il est parti en Angleterre et a lancé un appel : « on a perdu une bataille, mais pas la guerre ». Il pensait qu’on pouvait la gagner avec les Anglais et les Américains à nos côtés. »

Opérations ratées

Un jour, Marcel Houdart est invité à rejoindre les résistants : « Quand on est jeunes, on rêve de faire quelque chose. » Il évoque alors quelques-unes de leurs opérations : « je préfère vous parler de celles qui ont raté », dit-il en riant.

Le 8 juin 1944, les résistants sont appelés à rejoindre le maquis des Ardennes. Le message n’arrive que sept jours plus tard, et Marcel Houdart et son frère s’apprêtent à partir le lendemain. Seulement, le matin de leur départ, la Gestapo est là. M. Houdart est enfermé à la prison de Douai. Il raconte alors la façon dont les prisonniers étaient traités afin de dénoncer les autres résistants et revient sur les souffrances physiques et morales endurées.

Après la fin de son instruction, il est transféré à la prison de Loos-les-Lille où il retrouve son frère et d’autres résistants : « Dans la cellule, on attendait la délivrance. On gardait le moral ! »

Emmené dans « le dernier train de Loos »

Le 31 août, des prisonniers de toute la région arrivent. « Le lendemain, nous sommes tous emmenés à la gare de Tourcoing, d’où nous partirons pour l’Allemagne : à quelques heures de la libération, les Allemands réussissent le tour de force d’emmener des Français ! » Là encore, les conditions dans lesquelles se déroule le voyage sont atroces. Ils arrivent ensuite dans un camp situé à 30 kilomètres au Nord-Est de Berlin : le camp de Sachsenhausen. « Là-bas, c’était l’extermination par le travail. » Sur les 900 résistants emmenés dans celui qu’on appelle « le dernier train de Loos », seuls 257 rentreront. Marcel Houdart a eu la chance d’être l’un d’entre eux, et nous délivre un témoignage poignant et teinté d’humour.

Source : G. D - L’Avenir de l’Artois



Lycée & Collège Lavoisier, Auchel (académie de Lille)
Responsable éditorial : M. Hervé CABOCHE