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Lycée & Collège Lavoisier, Auchel
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Pas seulement une leçon d’histoire

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Ils étaient six lycéens auchellois à prendre part au voyage à Auschwitz. À leur retour de Pologne, où ils se sont rendus accompagnés de leur professeur d’histoire-géographie, de rescapés, d’historiens et de centaines d’autres lycéens, ils racontent ce voyage comme une prise de conscience.

Mercredi 16 novembre, 4h du matin. Florian, Ophélie, Sabine, Rémi, Lucas et Julia partent d’Auchel pour décoller de Lesquin et arriver en Pologne vers 9h. Les attendent la visite du camp de concentration Auschwitz 1, puis, l’après-midi, à Cracovie, celle du musée Oskar Schindler et d’une vieille synagogue. Après avoir assisté à un concert donné dans la nouvelle synagogue, les lycéens ont écouté la première partie des témoignages des rescapés. Le lendemain, jeudi 17 novembre, le groupe a découvert le camp d’extermination Auschwitz 2, avant d’autres témoignages et le retour à Lesquin à 21h.

Vendredi matin, les réactions des élèves fusent. Ce qui a le plus marqué Florian, c’est « la dernière phrase de la guide » : l’endroit où s’est produit l’extermination est très petit, « ce n’est rien par rapport à l’ensemble du camp ». Julia, elle, est scandalisée par « l’industrialisation de la mort : c’est horrible d’en arriver là à notre époque ». Sabine renchérit : « Je suis étonnée et choquée. Ça fait à peine deux générations que ça s’est passé ! »

« L’histoire, ça n’est pas noir et blanc »

Florian reprend : « On a appris plein de choses d’un coup : comme quoi, la Seconde Guerre mondiale est vraiment une grosse partie de l’histoire ». Quant à Ophélie, elle estime qu’« on ne peut pas réfuter l’existence des chambres à gaz. Il y a des preuves partout » : des tonnes de cheveux, 80 000 chaussures de toutes les tailles, des traces de Zyklon B dans des tapis... Rémy, lui, dénonce la lâcheté de ceux qui enfermaient les Juifs dans les chambres à gaz. Sans aller jusqu’à dire que ce voyage les a profondément changés, Florian estime : « Ça fait réfléchir. On se pose des questions sur ce qui se passe maintenant. Ça a évolué, mais des gens ont encore ce mode de pensée ». De son côté, Julia souligne : « On comprend mieux. C’était rapide, ces deux jours, mais plus tard, ça va revenir ». Et pour Stéphane Henry, professeur d’histoire-géographie, « ça réveille une vigilance en nous. Ne pas prendre au sérieux, tolérer certaines choses, ça habitue les gens à penser comme ça et à force, ils acceptent des horreurs. Il faut toujours lutter contre l’intolérance, la discrimination ». Julia ajoute : « Ce qui m’a fait réfléchir c’est quand la guide a dit « pensez que les Allemands n’étaient pas les seuls ». Certains étaient gentils et justes ». Et Stéphane Henry de conclure : « L’histoire, ça n’est pas noir et blanc. En chacun de nous sommeille une partie noire. Ce voyage n’est pas seulement une leçon d’histoire : ça touche notre humanité ».

Source : Gwenaëlle DÉFOSSEZ L’Avenir de l’Artois



Lycée & Collège Lavoisier, Auchel (académie de Lille)
Responsable éditorial : M. Hervé CABOCHE